Suite de notre enquête sur la création du CSE et son impact sur la gestion de la QVT en entreprise.
Que l’on parle de qualité de vie au travail (QVT), de bien-être ou de santé au travail, la question du droit d’expression des salariés sur le contenu, l’ambiance et l’organisation de leur travail reste une épineuse question.
Comment les élus du CSE peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ? Quelles sont les pistes d’action possibles du CSE en matière de QVT ?
Les DRH que nous rencontrons sont souvent démunis pour faire remonter les “voix du terrain” et le Comité Social et économique (CSE) a matière à devenir l’interlocuteur-clé pour assurer ce rôle. Rappelons qu’il a pour mission, à partir de 50 salariés, “d’assurer une expression collective des salariés permettant la prise en compte permanente de leurs intérêts dans les décisions”.
Pour cela, il s’agit de prendre en main les sujets relatifs à la QVT, d’ouvrir par exemple des espaces de discussion sur le terrain, comme le conseille l’ANACT, autour du stress, des conditions de travail, mais aussi des moments plus légers où les salariés se sentent en confiance pour s’exprimer de manière plus informelle.
Des thématiques que nous abordons régulièrement dans nos ateliers à la demande des DRH, mais dont l’initiative revient encore rarement aux comités d’entreprise.
Cela peut aussi passer par la réalisation d’un diagnostic social, sous l’angle de la QVT, qui peut s’appuyer sur la base de données économique et sociale (BDES), le document unique (DUERP) ou le bilan social. A condition de sortir du pur rapport de chiffres et d’apporter un contenu qualitatif sur la réalité du vécu professionnel. D’où l’importance de créer des temps de discussion, sans attendre les remontées inégales du terrain.
Quand elle était ministre du travail, Muriel Pénicaud mettait en avant les lacunes de la formation initiale des élus. « Les cursus des masters RH n’abordent le dialogue social que sous l’angle juridique. Ils ne prévoient pas de formation à la construction d’un dialogue social de qualité ». Peu de choses ont changé depuis.
Or, la qualité de vie au travail est un sujet transdisciplinaire. C’est en tous cas la vision que défend notre collectif, en réunissant des professionnels de santé, des psychologues du travail, des coachs ou des consultants engagés dans la responsabilité sociétale des entreprises (RSE). C'est avec une approche variée et transversale que les CSE pourront lancer des actions qvt utiles et judicieuses.
La QVCT ne se limite pas à l'environnement de travail ou aux conditions matérielles. Il s'agit avant tout de parler du travail lui-même, de son organisation et de ses difficultés. Pour cela, il est crucial de libérer la parole et de créer des espaces d'échange :
Un piège fréquent consiste à s'arrêter au stade du diagnostic. Si les enquêtes internes sont utiles, elles doivent déboucher sur des actions concrètes. Il est préférable d'expérimenter rapidement des solutions, quitte à ajuster ensuite.
Pour agir efficacement, les membres du CSE doivent développer leurs compétences sur la QVCT. Il ne s'agit pas seulement de maîtriser les règles de sécurité, mais aussi de comprendre les risques psychosociaux, les mécanismes du stress et les approches de dialogue social.
Quelques compétences essentielles :
Des formations existent dans les instituts régionaux du travail ou via des organismes spécialisés proposant des formats courts et adaptés.
Le CSE n'est pas seul pour agir en matière de QVCT. Il est essentiel de travailler en collaboration avec d'autres acteurs internes et externes pour développer une culture de la prévention.
Améliorer la QVCT ne se résume pas à une simple démarche administrative. Pour être efficace, le CSE doit engager le dialogue sur le travail, expérimenter, se former et collaborer avec l'ensemble des acteurs de l'entreprise.
Un acteur clé à ne pas oublier dans cette démarche est le référent harcèlement du CSE, dont le rôle est renforcé dans la prévention des risques psychosociaux et la lutte contre les violences au travail. Il peut intervenir pour sensibiliser, accompagner les victimes et signaler les situations à risque.