CSE : quelles pistes d’actions sur le bien-être au travail ?

Suite de notre enquête sur la création du CSE et son impact sur la gestion de la QVT en entreprise.

Que l’on parle de qualité de vie au travail (QVT), de bien-être ou de santé au travail, la question du droit d’expression des salariés sur le contenu, l’ambiance et l’organisation de leur travail reste une épineuse question.

Comment les élus du CSE peuvent-ils tirer leur épingle du jeu ? Quelles sont les pistes d’action possibles du CSE en matière de QVT ?

 

REPENSER L’ACTION DES CSE AU REGARD DES ENJEUX DE LA QVT

Le rôle du CSE en matière de bien-être au travail

Les DRH que nous rencontrons sont souvent démunis pour faire remonter les “voix du terrain” et le Comité Social et économique (CSE) a matière à devenir l’interlocuteur-clé pour assurer ce rôle. Rappelons qu’il a pour mission, à partir de 50 salariés, “d’assurer une expression collective des salariés permettant la prise en compte permanente de leurs intérêts dans les décisions”.

Pour cela, il s’agit de prendre en main les sujets relatifs à la QVT, d’ouvrir par exemple des espaces de discussion sur le terrain, comme le conseille l’ANACT, autour du stress, des conditions de travail, mais aussi des moments plus légers où les salariés se sentent en confiance pour s’exprimer de manière plus informelle.

Pour devenir un interlocuteur crédible, les CSE ont tout intérêt à élargir dès maintenant leur mission sociale et culturelle au-delà des cours de sport et des massages, et de davantage inclure les enjeux liés aux transformations du monde du travail, pour lesquels les salariés sont demandeurs, comme l’équilibre vie pro vie perso, la parentalité, le télétravail ou le droit à la déconnexion.

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Notre réseau organise régulièrement des tables rondes sur la QVCT comme ici sur la santé des femmes au travail.
Crédits photo : Les Ateliers Durables. Mars 2025

Des thématiques que nous abordons régulièrement dans nos ateliers à la demande des DRH, mais dont l’initiative revient encore rarement aux comités d’entreprise.

En somme, la QVT est une opportunité pour les comités d’entreprise de renouer avec leur vocation d’origine de porte-voix des salariés et des managers, et d’apporter à l’employeur l’éclairage nécessaire de la collectivité de travail sur la réalité du terrain pour  proposer des actions ciblées et nécessaires.

Cela peut aussi passer par la réalisation d’un diagnostic social, sous l’angle de la QVT, qui peut s’appuyer sur la base de données économique et sociale (BDES), le document unique (DUERP) ou le bilan social. A condition de sortir du pur rapport de chiffres et d’apporter un contenu qualitatif sur la réalité du vécu professionnel. D’où l’importance de créer des temps de discussion, sans attendre les remontées inégales du terrain.

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LA FORMATION SUR LA QVT : UN ENJEU DE TAILLE POUR LES ÉLUS DU CSE

Quand elle était ministre du travail, Muriel Pénicaud mettait en avant les lacunes de la formation initiale des élus. « Les cursus des masters RH n’abordent le dialogue social que sous l’angle juridique. Ils ne prévoient pas de formation à la construction d’un dialogue social de qualité ». Peu de choses ont changé depuis.

Or, la qualité de vie au travail est un sujet transdisciplinaire. C’est en tous cas la vision que défend notre collectif, en réunissant des professionnels de santé, des psychologues du travail, des coachs ou des consultants engagés dans la responsabilité sociétale des entreprises (RSE).  C'est avec une approche variée et transversale que les CSE pourront lancer des actions qvt utiles et judicieuses.

👉 Agir : (Notre) TOP 10 des actions QVCT vraiment durables 

 

Améliorer la QVCT : 4 conseils a l'attention des membres du CSE

Engager le dialogue sur le travail

La QVCT ne se limite pas à l'environnement de travail ou aux conditions matérielles. Il s'agit avant tout de parler du travail lui-même, de son organisation et de ses difficultés. Pour cela, il est crucial de libérer la parole et de créer des espaces d'échange :

  • Organiser des groupes de travail sur des sujets clés : charge de travail, télétravail, déconnexion, vécu des salariés face au changement (mise en place du lean management ou de la méthode agile)
  • Mettre en place des ateliers qui autorisent à s'exprimer sur le stress au travail, l'équilibre vie professionnelle/vie personnelle ou le droit à la déconnexion par exemple
  • Faire intervenir des personnes extérieures pour garantir un climat de confiance (62 % des salariés souhaitent que les discussions soient animées par un intervenant neutre selon une étude de l'ANACT).

Passer à l'action et ne pas trop tergiverser

Un piège fréquent consiste à s'arrêter au stade du diagnostic. Si les enquêtes internes sont utiles, elles doivent déboucher sur des actions concrètes. Il est préférable d'expérimenter rapidement des solutions, quitte à ajuster ensuite.

  • Utiliser le budget des activités sociales et culturelles pour proposer des initiatives sur la gestion du stress, le sommeil, ou encore la nutrition.
  • Proposer des formations avec des outils pour améliorer l'organisation du travail (par exemple, des formations à la gestion des e-mails pour améliorer la gestion du temps)
  • Organiser une "journée bien-être au travail" ou participer à la semaine de la QVCT avec des conférences et animations.
👉 Agir : Semaine du bien-être au travail : 6 programmes à la loupe

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LAD propose des ateliers et animations partout en France sur la Santé et la QVCT. Crédits photo : Les Ateliers Durables

Se former pour mieux accompagner

Pour agir efficacement, les membres du CSE doivent développer leurs compétences sur la QVCT. Il ne s'agit pas seulement de maîtriser les règles de sécurité, mais aussi de comprendre les risques psychosociaux, les mécanismes du stress et les approches de dialogue social.

Quelques compétences essentielles :

  • Communication et écoute active (ex. communication non violente, médiation)
  • Analyse du travail et de ses enjeux
  • Gestion des conflits et écouter (ex. savoir écouter sans se positionner comme "sauveur" pour éviter le triangle de Karpman).

Des formations existent dans les instituts régionaux du travail ou via des organismes spécialisés proposant des formats courts et adaptés.

🎓 Se former : Formation à la CNV en entreprise : comment choisir ?

Jouer collectif


Le CSE n'est pas seul pour agir en matière de QVCT. Il est essentiel de travailler en collaboration avec d'autres acteurs internes et externes pour développer une culture de la prévention.

  • Travailler avec les services de santé au travail, l'ARACT, la Dirrecte, ou les CARSAT.
  • Utiliser les intervenants en prévention des risques professionnels pour analyser le Document Unique d'évaluation des risques professionnels.
  • Coordonner des actions avec la direction pour créer des groupes de travail transverses (ex. collaboration entre CSE, médecin du travail et direction sur des sujets prioritaires).
💡En savoir + : DUERP, IRP, TMS... Se repérer dans les acronymes de la santé au travail

Améliorer la QVCT ne se résume pas à une simple démarche administrative. Pour être efficace, le CSE doit engager le dialogue sur le travail, expérimenter, se former et collaborer avec l'ensemble des acteurs de l'entreprise. 

Un acteur clé à ne pas oublier dans cette démarche est le référent harcèlement du CSE, dont le rôle est renforcé dans la prévention des risques psychosociaux et la lutte contre les violences au travail. Il peut intervenir pour sensibiliser, accompagner les victimes et signaler les situations à risque.

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