Sexisme au travail : exemples, contre-exemples

Blagues « pour rire », remarques sur l’apparence, doutes sur les compétences… Au travail, certaines situations peuvent sembler anodines sur le moment. Pourtant, elles participent parfois à un climat sexiste qui peut affecter les conditions de travail, la confiance en soi ou les parcours professionnels.

Mais comment distinguer une maladresse, un stéréotype ou un comportement réellement problématique ? Où se situe la frontière entre sexisme, agissement sexiste, harcèlement sexuel et violences sexistes et sexuelles ?

Ces notions sont souvent confondues alors qu’elles renvoient à des réalités différentes et à des cadres juridiques précis.

Dans cet article, nous vous proposons de clarifier ces notions et de voir des exemples concrets de situations de sexisme au travail… et aussi des contre-exemples, pour mieux comprendre ce qui relève réellement de ces comportements.

 

De quoi parle-t-on ?

Les différentes formes de sexisme au travail

Avant toutes choses, un petit point de vocabulaire s’impose. Dans les discussions sur le travail, plusieurs notions reviennent souvent : sexisme, agissements sexistes, harcèlement sexuel, violences sexistes et sexuelles (VSS).

Ces termes sont parfois utilisés comme des synonymes, pourtant ils désignent des réalités différentes, même si elles peuvent parfois se recouper.

👉 L’infographie ci-dessous permet de comprendre rapidement les différences entre ces notions.

Schémas  (1)

Rappel du cadre légal en france

  • L’agissement sexiste est une notion juridique inscrite dans le Code du travail depuis 2015.

    La loi le définit comme :

tout agissement lié au sexe d’une personne ayant pour objet ou pour effet de porter atteinte à sa dignité ou de créer un environnement intimidant, hostile, dégradant, humiliant ou offensant.

Contrairement à certaines idées reçues, il n’est pas nécessaire qu’un comportement ait une connotation sexuelle pour être considéré comme un agissement sexiste. 👉 Source officielle : Ministère du Travail – prévention du harcèlement sexuel et des agissements sexistes.

 

Quelques chiffres

Si ces comportements sont parfois banalisés, les études montrent qu’ils restent fréquents dans le monde professionnel, surtout à l'égard des femmes.

En France :

✊ Passer à l'action : Sexisme au travail : comprendre pour mieux agir
Les intervenant·es du réseau LAD interviennent en entreprise partout en France sur le sexisme (formation, enquêtes, médiation...)

Ces chiffres rappellent que le sexisme au travail ne se limite pas à quelques situations isolées : il peut prendre des formes très variées, parfois discrètes, parfois plus graves.

Pour mieux comprendre ces situations, regardons maintenant des exemples concrets de sexisme au travail.

 

les exemples de sexisme au travail

les blagues sexistes

Certaines remarques sont présentées comme de l’humour ou de la « dérision », mais elles reposent en réalité sur des stéréotypes de genre.

Par exemple :

  • des blagues répétées sur les femmes « trop émotives » ou « moins à l’aise avec la technique »
  • des commentaires sur les règles ou les hormones d’une collègue
  • des plaisanteries sur les femmes « qui parlent trop en réunion ».

Pris isolément, ces propos peuvent sembler anodins. Mais lorsqu’ils se répètent, ils contribuent à installer un climat sexiste et peuvent relever d’un agissement sexiste au sens de la loi.

 

Les remarques sur l’apparence ou la sexualisation

Dans le monde professionnel, les commentaires sur l’apparence physique peuvent également poser problème.

Par exemple :

  • des remarques sur la tenue vestimentaire d’un·e collègue
  • des commentaires sur son physique ou sa manière de s’habiller
  • des remarques comme « tu devrais sourire plus souvent ».

Ces propos déplacent l’attention du travail vers l’apparence et peuvent être vécus comme intrusifs ou dévalorisants.

 

Les stéréotypes professionnels

Le sexisme peut aussi se manifester à travers des attentes différentes selon le genre.

Par exemple :

  • confier systématiquement la prise de notes ou l’organisation d’une réunion à une femme
  • supposer qu’une salariée sera moins disponible pour un projet parce qu’elle pourrait avoir des enfants
  • orienter spontanément certaines missions vers les hommes ou vers les femmes.

Ces comportements reposent sur des stéréotypes qui peuvent limiter l’accès à certaines responsabilités ou opportunités professionnelles.

 

La mise à l’écart ou la dévalorisation

Certaines formes de sexisme passent par des attitudes qui remettent en cause la légitimité ou la place d’une personne dans un collectif de travail.

Par exemple :

  • interrompre systématiquement une collègue en réunion
  • ignorer ses propositions ou ses idées
  • douter de ses compétences parce qu’elle est une femme.

Lorsqu’elles se répètent, ces situations peuvent affecter la confiance en soi, la participation aux échanges et la reconnaissance professionnelle.

 

Le harcèlement sexuel

Dans certains cas, les comportements dépassent le cadre du sexisme ordinaire et relèvent du harcèlement sexuel.

Il peut s’agir notamment :

  • de propos ou de comportements à connotation sexuelle répétés
  • de messages insistants ou déplacés
  • de pressions pour obtenir un rendez-vous ou une relation intime.

Le harcèlement sexuel constitue une infraction prévue par la loi et peut entraîner des sanctions disciplinaires et pénales.

Dans la pratique, la frontière entre maladresse, stéréotype ou comportement sexiste n’est pas toujours évidente. C’est pourquoi il est aussi utile de regarder l’autre côté de la question : quelles situations ne relèvent pas nécessairement du sexisme au travail ?

💡 En savoir + : Harcèlement sexuel, agissements sexistes, discriminations. Être au clair sur les définitions.

 

 

Ceci n'est pas du sexisme : comprendre les contre-exemples

Toutes les situations inconfortables, conflictuelles ou désagréables au travail ne relèvent pas nécessairement du sexisme. Il est important de pouvoir identifier les comportements problématiques… mais aussi de distinguer ce qui relève d’un désaccord professionnel, d’un style de management ou d’un conflit classique.

Cette nuance est importante pour éviter les confusions et pour mieux cibler les situations qui posent réellement problème.

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Un retour photo sur notre atelier Sexisme au travail animé par une de nos formatrices.

 

Un désaccord professionnel

Exprimer un désaccord sur une idée, une proposition ou une décision fait partie du fonctionnement normal d’une équipe.

Par exemple :

  • contester une stratégie ou une proposition
  • ne pas être d’accord avec une analyse
  • débattre d’une orientation de projet.

Tant que ces échanges portent sur le contenu du travail et non sur la personne ou son genre, ils ne relèvent pas du sexisme.

 

Une critique du travail réalisé

Dans le cadre professionnel, il est normal que le travail puisse être évalué ou critiqué.

Par exemple :

  • demander des corrections sur un dossier
  • signaler une erreur
  • formuler un retour négatif sur une présentation ou un projet.

Ces retours font partie du management et de la collaboration professionnelle, à condition qu’ils portent sur le travail réalisé et non sur des caractéristiques liées au genre.

 

Un style de management exigeant

Certains managers adoptent un style de management direct ou exigeant.

Par exemple :

  • fixer des objectifs ambitieux
  • demander des corrections fréquentes
  • exprimer des attentes élevées.

Si ces exigences s’appliquent de la même manière à l’ensemble de l’équipe, il s’agit d’un style de management (qui peut être discuté) mais pas nécessairement d’un comportement sexiste.

 

Des compliments liés au travail

Les compliments ou les encouragements font également partie de la vie professionnelle.

Par exemple :

  • saluer la qualité d’un travail
  • féliciter une personne pour une présentation réussie
  • reconnaître l’investissement sur un projet.
🧰 Formez les managers : "Sexisme & harcèlement : managers, vous êtes en première ligne !"

Ces retours positifs sont légitimes lorsqu’ils portent sur les compétences ou les réalisations professionnelles.

Ces exemples montrent que le sexisme au travail ne doit pas être confondu avec l’ensemble des tensions ou des désaccords professionnels. En revanche, lorsque des comportements reposent sur des stéréotypes de genre, portent atteinte à la dignité d’une personne ou créent un environnement hostile, ils peuvent relever d’agissements sexistes ou de violences sexistes et sexuelles.

Comprendre ces distinctions est essentiel pour mieux identifier les situations problématiques et agir efficacement en entreprise.


 

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Pourquoi & comment agir ?

Le sexisme au travail n’est pas seulement une question de relations interpersonnelles. Il peut avoir des conséquences concrètes sur la santé des salarié·es, le fonctionnement des équipes et la responsabilité des entreprises.

Agir contre ces comportements relève donc à la fois d’un enjeu humain, organisationnel et légal.

Impacts pour les personnes, les équipes et les organisations

Les situations de sexisme peuvent affecter directement les personnes qui y sont confrontées. À long terme, ces situations peuvent aussi avoir un impact sur les trajectoires professionnelles, notamment en limitant l’accès à certaines responsabilités ou à certains projets.

Mais le sexisme ne concerne pas uniquement les personnes directement visées. Il peut également affecter le fonctionnement collectif. Un climat de travail marqué par des remarques sexistes ou des stéréotypes peut entraîner :

  • une dégradation du climat de travail
  • des tensions au sein des équipes
  • une baisse de la coopération ou de la confiance
  • des difficultés à attirer ou fidéliser les talents.

À l’inverse, les organisations qui s’engagent dans la prévention des violences sexistes et sexuelles favorisent des environnements de travail plus inclusifs et plus respectueux.

De plus, en France, l’employeur a une obligation de sécurité et de protection de la santé des salarié·es. Cela inclut la prévention des situations de sexisme, de harcèlement sexuel et plus largement des violences sexistes et sexuelles. Les entreprises doivent notamment : prévenir ces situations, informer et sensibiliser les équipes, mettre en place des dispositifs de signalement et traiter les situations signalées.

 

Affiche prévention sexisme

Affiche de sensibilisation au sexisme réalisée par Les Ateliers Durables à afficher dans vos locaux
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Alors comment agit-on ?

De nombreuses organisations mettent aujourd’hui en place des actions de sensibilisation et de formation afin de mieux identifier ces situations et de donner aux équipes des outils pour réagir. Certaines approches, comme la méthode des « 5D », encouragent par exemple les témoins à intervenir ou à soutenir les personnes concernées lorsque des comportements inappropriés se produisent.

Agir contre le sexisme au travail repose ainsi sur une combinaison de leviers : information, formation et mobilisation collective.

📒Découvrez par exemple le guide Lutter contre le sexisme, le harcèlement sexuel et le harcèlement moral rédigé par nos équipes à l'attention des membres du Syntec 

Sur ces sujets, nous avons développé aux Ateliers Durables 3 formats courts de sensibilisation sur ces sujets :

 

Conclusion

Le sexisme au travail ne se limite pas aux situations les plus visibles. Il peut aussi prendre des formes plus discrètes, parfois banalisées, qui participent à un climat professionnel moins respectueux. Comprendre les différences entre sexisme, agissements sexistes, harcèlement sexuel et violences sexistes et sexuelles permet de mieux identifier ces comportements et d’éviter les confusions.

Un environnement de travail respectueux repose souvent sur l’attention portée aux comportements du quotidien. Alors former, sensibiliser et donner des repères clairs aux équipes constituent des leviers essentiels pour prévenir ces situations et favoriser des environnements professionnels plus sûrs et plus inclusifs.

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